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A l’ouverture de la troisième édition de la Semaine vibrante au Delia Ndaro Art Culture, des artistes femmes ont élevé la voix pour alerter sur les conditions de vie des enfants et des femmes dans un contexte de crise à l’Est de la RDC. A travers les chants et slam, elles ont mêlé expression artistique et engagement social, appelant à la cohésion, au respect des traditions et à une prise de conscience collective face aux réalités humanitaires.

Les artistes ont réussi à concilier la situation actuelle que traverse la partie orientale de la République démocratique du Congo, en se servant de leur art pour passer des messages d’éveil de la conscience, en vue de rapprocher l’humanité tout entière de la crise de l’Est et ses conséquences d’une part, ainsi que sensibiliser sur le retour à l’authenticité.

A sa première apparition sur scène, Amina Sezibera félicite le centre Delia Ndaro pour l’opportunité lui offerte de prester pour sa première fois devant un public. Elle pense que l’émancipation de la femme devrait être beaucoup plus mentale, au lieu d’en faire un sujet d’égalité homme-femme, ou d’opposition de la femme à l’homme.

« Je me sens très confiante et ouverte d’avoir partagé mes pensées au public et je pense que je me suis faite très bien comprendre. A chacun de corriger sa naïveté. Mon slam en swahili fait la promotion de l’authenticité, car nous sommes dans une société où les gens croyaient qu’en s’éclaircissant la peau pour devenir bruns, ils deviennent automatiquement beaux et ressemblent aux blancs, en pensant que les blancs eux n’ont pas des problèmes », explique-t-elle.

Ses textes, martèle Amina Sezibera, avaient en générale pour thème « le mystère » pour revenir sur ce que l’on ne comprend pas, mais qu’on croit afin de faire comprendre que l’inconnu complote, mais l’innocent subit.

Se joignant à cette dynamique, Hermine Tulinabo, jeune slameuse, est revenu sur la situation que traverse les enfants sans un quelconque soutien à leur égard, avant d’évoquer la cohésion sociale : « Ces enfants qui sont aujourd’hui dans la rue, faute du mauvais traitement chez eux ou soit pour avoir perdu les parents devraient mériter l’attention de tous, d’où une pensée particulière à ces enfants filles et garçons qui errent dans la rue, au moment où seule une bonne éducation à leur faveur peut être la meilleure alternative».

Cette jeune-talent pense qu’un geste en faveur de ces enfants peut les rendre heureux.

« Il est important de se dépasser des expressions égoïstes du genre « chacun pour soi et Dieu pour tous » tout en prêchant l’unité,  l’entente et l’entraide au sein de la communauté, à travers ses vers », renchérit-elle.

Pendant sept jours, différents artistes vont défiler sur la scène de la semaine vibrante, pour partager différents messages sur la créativité féminine et le vivre-ensemble dans la ville de Bukavu en province du Sud-Kivu.

Sammy Balume

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